
Imagine a scene where mountains stretch out as far as the eye can see.
To your left rises a formidable cliff covered in slippery scree, dotted with small plants that give off the scent of apricots. To your right, a deep valley floor drops away, featuring dizzying black waterfalls cascading below.
For two hours, you have been pushing your loaded bike along a narrow trail. Every muscle in your body is strained and nearing its limit; you have spent these two hours counting meters instead of kilometers.
The average gradient is marked at 25%. In your head, countless existential questions collide, bouncing off the walls of your skull without ever finding the "answer to everything" exit indicated by your GPS.
Yet, your spirit soars above it all, like a majestic bird in flight.
There is only one thing to do: keep going.
Soon, as you turn another corner, a mountain pass waiting to be conquered will appear before you.
Imaginez voir des montagnes à perte de vue, à votre gauche se dresse une falaise redoutable, habillée de ses pierriers glissants, parsemés de petites plantes à l’odeur enivrante d’abricot, à votre droite le vide plongeant jusqu’au fond d’une cascade noire qui coule en contrebas, de quoi vous donner le vertige. Voilà deux heures que vous poussez votre vélo chargé sur un sentier étroit, deux heures que tous les muscles de votre corps sont tendus, presque à bout, deux heures que vous comptez les mètres au lieu des kilomètres. Pente moyenne indiquée: 25%. Dans votre tête une multitude de questions existentielles se bousculent, rebondissent sur les parois de votre boîte crânienne sans trouver la sortie “réponse à tout” indiquée par leurs GPS. Votre esprit, lui, survole tout cela tel un oiseau majestueux, perdu dans les airs. Il n’y a qu’une chose à faire: avancer. Bientôt, au détour d’un énième virage se dressera face à vous un col qui ne demande qu’à être dompté.

Welcome to "Le Maillon."
This is an MTB route that crosses the French and Italian Alps from Modane to Barcelonnette.
Initially devised by me to connect with the more famous "Trans Verdon," this route has proven so magnificent that it deserves its place among the great trails. In numbers, Le Maillon is 210km long, has over 9,400m of elevation gain, is 85% unpaved, 100% beautiful scenery, and offers seven days of exhilarating experience. This route is designed for mountain bikers with some downhill experience and excellent bike-handling skills, and follows parts of the GR5, a major long-distance hiking trail in Europe.
Bienvenue sur Le Maillon, une trace VTT qui traverse les Alpes françaises et italiennes de Modane à Barcelonnette. Initialement créée par mes soins pour rejoindre la plus célèbre Trans Verdon, cette trace s’est avérée être si incroyable qu’elle mérite sa place parmi les grands. En quelques chiffres Le Maillon c’est 210 km, 9400 m+, 85% de routes non pavées, 100% de beaux paysages et sept jours de folie. Pensée pour des VTTistes ayant un minimum d’expérience en descente et une bonne maîtrise de leur monture, cette trace suit en partie le GR 5 (grand chemin de randonnée européen).

In early August, I went bikepacking in the Alps with my partner and came up with the somewhat reckless idea of trying to connect two routes. I had no idea what kind of adventure was waiting for me at the time.
While you can drive to Modane, the starting point of the route, I recommend taking the train from Chambéry. The bottom of the Maurienne Valley is not very accessible, so you would want to avoid parking your car there. Regional trains (TER) run approximately every two hours, and the journey takes about an hour and a half. (Don't forget to reserve a space for your bike before boarding.)
Début août j’ai eu l’idée un peu folle de partir en bikepacking dans les Alpes avec ma compagne pour tenter d’enchainer les deux traces, très loin d’imaginer ce qui m’attendait.
Pour rejoindre le début de la trace à Modane, vous pouvez prendre la voiture, mais je vous conseillerais plutôt de vous y rendre en train depuis Chambéry pour éviter de garer votre véhicule au fond de la vallée de la Maurienne qui n’est pas très accessible. Il y a un train régional (TER) environ toutes les deux heures qui prend environ une heure et demie pour faire le trajet. (Faites bien attention à réserver votre emplacement vélo avant d’embarquer)

The first of the seven peaks you will have to overcome is undoubtedly one of the toughest on the route. It is the Col de la Roue, at an altitude of 2,541m, which forms the border with Italy.
The first part of the climb to Valfréjus resort (at the 8km mark) is mostly paved, allowing you to gradually acclimate to the altitude with a loaded bike. After that, a gravel path continues to the Lavoire Dam (at the 13km mark).
However, from the 15km mark, things change drastically. The wide path turns into a narrow, steep track strewn with slippery rocks, making it almost impossible to stay on the bike.
Here you have two choices: push your bike up the 2km, 400m-elevation-gain climb to the summit, or carry it. A spectacular view awaits you, for sure!
Le premier des sept pics que vous devrez franchir est certainement l’un des plus durs de la trace. Il s’agit du col de la Roue qui culmine à 2541m et qui délimite la frontière entre la France et l’Italie. Il a d’ailleurs été le théâtre d’affrontements entre les deux nations pendant la seconde guerre mondiale.
La première partie de la montée jusqu’à la station de Valfréjus (km 8) se fait presque intégralement sur la route, de quoi s’habituer doucement au dénivelé avec un vélo chargé, et continue sur des pistes blanches jusqu’au barrage du Lavoire (km 13). Mais à partir du kilomètre 15 les choses se corsent: le chemin large se transforme en petit sentier pentu parsemé de rochers glissants qui rendent l’avancée sur le vélo presque impossible. Vous avez alors deux options, pousser ou porter votre monture jusqu’au sommet sur 2 km et 400 m+ . C’est dur, mais promis vous serez récompensés par la vue !





"Andiamo Ragazzi!"
The pizza maker thanked you for stopping by for lunch and wished you a safe trip with expressive gestures until you lost sight of him while walking down the small cobblestone street.
Just an hour ago, you were speeding down the trail from the Col de la Roue to Bardonecchia, savoring the joy of finally being able to ride your bike.
“Andiamo Ragazzi !!”; le pizzaïolo vous remercie de vous être arrêté pour le déjeuner, et vous souhaite bonne route en faisant de grands gestes alors que vous le perdez du regard au détour d’une petite rue pavée. Il y a encore une heure vous étiez en train de dévaler à toute berzingue la piste reliant le col de la Roue à Bardonecchia, remerciant tous les dieux de pouvoir enfin enfourcher votre vélo.


With a full stomach and a saddlebag packed with food for the night, you head back into the mountains.
An Italian song you don't know the lyrics to plays on a loop in your head. It's probably the one that was on the radio when you were devouring your pizza in a most un-Christian manner.
The second climb, and the second psychiatric consultation.
At this point, you can no longer tell the difference. The most philosophical question crossing your mind is, "Did I really need to add weight with that beer can?"
However, whatever you do, don't make the mistake of drinking it immediately; the climb is still long, and there is a proper place to refuel waiting for you before the Passo della Mulattiera (at the 35.5km mark) in Punta Colomnion.
Le ventre plein et les sacoches débordantes de victuailles pour la soirée, vous repartez à la conquête de la montagne, un air italien dont vous ne connaissez pas les paroles tourne en boucle dans votre tête; sûrement celui qui passait à la radio quand vous étiez en train de dévorer votre pizza de manière peu chrétienne. Deuxième montée, deuxième séance chez le psy, à ce stade de la journée on ne fait plus trop la différence, et la question la plus philosophique qui vous passe par la tête est “Est-ce que j’avais vraiment besoin de me rajouter du poids avec cette canette de bière ?”, mais ne faites surtout pas l’erreur de la boire tout de suite, la montée est encore longue et vous trouverez de quoi reprendre des forces juste avant le passo della Mulattiera (km 35,5) au Punta Colomnion.


This time, the mountains are being a little lenient. You should be able to reach the mountain pass while still in the saddle.
From there, all that's left is to enjoy the 1.5km descent toward the first campsite of the trip, nestled quietly in what was once a village.
If you look around, you'll find a small stream perfect for cooling down the water you worked so hard to get. For the adventurous, you can, of course, also wash yourself in the stream.
To cap off the day, weather permitting, you'll have the chance to watch a magnificent sunset over the surrounding mountains.
(Note: To protect the beauty of the mountains and their biodiversity, please do not use chemical products near water. Also, please do not leave any trash behind, including organic waste.)
Cette fois la montagne vous laisse un peu de répit, et c’est les fesses sur la selle que vous arriverez jusqu’au col. Il ne vous restera alors plus qu’à profiter des 1,5 kilomètres de descente qui vous mèneront au premier camp spot de périple, perdu au milieu d’un village abandonné. Si vous cherchez un peu, vous trouverez un petit cours d’eau prêt à rafraîchir votre canette si ardemment transportée. Et pour les plus courageux c’est aussi l’occasion de se laver…à l’eau bien sûr.
Pour terminer cette journée en beauté, et si la météo le permet, vous aurez la chance d’admirer un magnifique coucher de soleil sur les montagnes environnantes.
(Merci de bien faire attention: Afin de préserver la beauté de nos montagnes et sa biodiversité, n’utilisez pas de produits chimiques à proximité des cours d’eau, et pensez à emporter vos déchets, même organiques)




Day 2.
After a peaceful night for both body and mind, the journey into the world of dreams continued. As you open your eyes, the dream begins to turn into reality.
In the distance, rocky peaks rise up, illuminated by the morning sun, and I thought I caught a silhouette of an ibex on one of the summits... or was it just an illusion? Nearby, marmots wake up and scurry about uneasily as they realize strangers have been sleeping in their garden.
Jour 2, la nuit a bien reposé le corps et l’esprit qui a pu continuer son voyage au pays des rêves. Vous ouvrez les yeux et votre rêve devient presque réalité; au loin un pic rocheux déchire les premières lueurs du soleil, et à son sommet vous croyez apercevoir la silhouette d’un bouquetin…ou n’était-ce qu’une illusion ? Non loin de là, les marmottes se réveillent et s’agitent nerveusement en découvrant que des étrangers ont dormi dans leur jardin.

Missing your morning coffee? Don't worry. The first downhill of the day will have the same effect as a strong espresso!
While you're gripping your brakes tight (unless you're an expert rider like Danny MacAskill), the surrounding scenery slowly shifts, taking on an atmosphere reminiscent of Provence.
The winding switchbacks weaving between pine trees and heath lead you down to the bottom of the Clarée Valley.
Votre petit café matinal vous manque ? Ne vous inquiétez pas, la première descente de la journée va vous faire le même effet qu’un expresso bien serré ! Alors que vous êtes crispés sur vos freins (à moins que vous ne vous appeliez Danny MacAskill), le décor autour de vous change doucement et prend des allures de Provence; les lacets entre les pins et la bruyère s’enchaînent vous guidant jusqu’au bas de la vallée de la Clarée.


Fully awake and warmed up, it's finally time to tackle the third peak of the route, the Col de la Lauze, preceded by its younger brother, the Col Dormillouse.
The first challenge of the day is a 6.5km climb with 650m of elevation gain.
The start is a gentle slope, but a difficult section with an average gradient of 10% awaits, and you'll likely be drenched in sweat after riding about 3km. This is another climb where you'll need to push your bike, but there are some sections you can ride if you manage your climbing well.
Maintenant que vous êtes bien réveillés et correctement échauffés il est temps d’attaquer le troisième pic de la trace, le col de la Lauze, précédé par son petit frère le col Dormillouse.
Premier effort de la journée: 6,5 km pour 650 m+ . Une pente moyenne de 10% bien fourbe, roulante sur le début, elle vous fera suer après trois kilomètres “faciles”. Encore une montée synonyme de poussage avec quelques portions roulables si on gère bien son vélo en montée.


"Summit reached..." The moment you crest the pass, your GPS announces this without any emotion at all.
Just as it might display "anaerobic exercise" at the end of the day. But that doesn't matter. Give yourself a pat on the shoulder and be proud. You don't need to judge yourself based solely on the data shown on a screen. Breathe in the fresh air, take a few minutes to appreciate what you have accomplished, and revel in the beauty of the nature around you. Remember that somewhere in the world, someone is dreaming of traveling through a landscape as magnificent as this. Isn't that truly amazing? We often forget how fortunate we are, especially during periods of intense physical exertion.
Now that you've gained a bit of wisdom in the high Alps, let's move on. We're heading for a valley that acts as a tourist destination, one that will save you.
There, hikers, road cyclists, and tourists who have driven from all over Europe mingle, resting their weary bodies over hearty, traditional meals.
“Tudidit…Climb Complet” , le GPS annonce cela de manière totalement désintéressée alors que vous venez de passer la crête du col, comme il vous dira “effort anaérobique” en fin de journée; peu importe, vous pouvez vous donner une tape sur l’épaule et être fier de vous, rien ne sert de se juger à cause d’une donnée affichée sur un écran. Prenez une bouffée d’air frais et quelques minutes pour réaliser ce que vous venez d’accomplir, et appréciez la beauté de la nature qui vous entoure. Dites-vous que quelque part dans le monde quelqu’un rêve de pouvoir voyager dans un décor aussi majestueux, c’est fou non ? On oublie bien trop souvent à quel point on est chanceux, surtout quand on souffre d’un effort physique intense.
Maintenant que vous avez emmagasiné un peu de la sagesse de ces hauts-lieux alpins, continuez votre cheminement vers une vallée salvatrice et touristique, synonyme de repas traditionnels copieux entre randonneurs, cyclistes sur route et touristes venus en voiture des quatre coins de l’Europe.

The road from Montgenèvre toward Briançon is by no means scenic. The same can be said for the fortified city below.
However, it's a perfect place to stock up on food for the rest of your trip. Once you've prepared yourself well here, you'll tackle another tough climb.
Le chemin de Montgenèvre vers Briançon n’est pas le plus beau, tout comme la ville fortifiée en contrebas, mais elle vous permettra de faire le plein de victuailles pour les jours à venir avant d’attaquer une nouvelle montée bien corsée.

On the way up to the Col des Ayes lies the charming village of Villar-Saint-Pancrace, featuring typical chalets built on foundations of stone collected from the stream below. In the sloping pastures, locals and tourists alike play pétanque with square wooden balls—a clever invention to keep the balls from rolling down the slope and disappearing into a marmot burrow. Life is pleasant here, even if it’s not uncommon to see victory-hungry players arguing over a matter of centimeters and finding other uses for the corners and edges of their wooden cubes.
Sur la montée du col des Ayes se trouve le charmant village de Villar-Saint-Pancrace, avec ses chalets typiques aux fondations en pierre récupérés en contrebas le long d’un cours d’eau. Sur ses prairies pentues, habitants et touristes jouent à la pétanque avec des boules…carrées, toutes faites de bois. De quoi éviter de les voir dévaler la pente avant de s’engouffrer dans le terrier d’une marmotte. Il y fait bon vivre, même s’il n’est pas rare de voir les boulistes avides de victoire se quereller pour quelques centimètres, et trouver une autre utilité aux angles et pointes de leurs cubes de bois…


Arguments during a trip just don't mix well.
Changing gears, I hop back on my trusty bicycle to head toward more peaceful pastures further ahead. At kilometer 78, the Plan Peyron, crossed by the Orceyrette torrent, is the ideal spot to spend your second night.
The calm stream offers a refreshing "shower," while the few picnic tables and fire pits with grills provide some well-deserved comfort. If your supplies allow (and weather permitting), you can enjoy delicious grilled food around a campfire with the other adventurers who have chosen to make this little haven of peace their home.
Voyage et chamailleries ne font pas bon ménage, alors on enfourche son fidèle destrier pour l’emmener pâturer sur des prairies plus calmes non loin de là au km 78. Le plan Peyron, traversé par le torrent de l’Orceyrette, sera l’endroit idéal pour passer votre deuxième nuit. Le cours d’eau calme vous offrira une “douche” rafraîchissante, et les quelques tables, et foyers avec grille vous offriront un peu de confort bien mérité. Si vos stocks le permettent (et les conditions météorologiques) vous pourrez savourer de succulentes grillades au coin du feu avec les autres aventuriers qui auront élu domicile dans ce petit havre de paix.


“The bicycle is earthly on the climb, aerial on the descent, and maritime over distance. [...] I embrace the mountain: paternal in its peaks, maternal in its streams, fraternal in its abysses. On a bike, nestled against the earth, I feel united and transported, drinking in the landscape, rolling toward the moon. Nothing can go wrong, for we are never alone; the mountain forces us to look in the same direction as it: upward.”
–From 'Voyages Sellestes' by Claude Marthaler
“Le vélo est terrien en montée, aérien en descente et maritime en distance. […] J’étreins la montagne, paternelle dans ses cimes, maternelle dans ses cours d’eau, fraternelle dans ses abysses. A vélo, blotti contre la terre, je me sens uni et transporté, buvant le paysage, roulant vers la lune. Rien ne peut aller de travers, car nous ne sommes jamais seuls; la montagne nous force à regarder dans la même direction qu’elle: vers le haut.”
–Voyages Sellestes – Claude Marthaler

Day 3.
Now you know the lyrics:
“Could you get me higher? Been a long time since I know you, was breaking my back just to hold you, all of this pain that I’ve gone through, It’s alright, it’s okay. Take my heart and walk away, […] if I don’t look down could you get me higher?”
This song by Croixx is, of course, about cycling and the grueling climbs it demands of us. It fits perfectly with the fourth ascent of this journey.
The climb from the campsite is 5.5 km long, with the final 2 km requiring you to push your bike while gaining 300 meters in elevation.
Jour 3; dorénavant vous connaissez les paroles: “Could you get me higher ? Been a long time since I know you, was breaking my back just to hold you, all of this pain that I’ve gone through, It’s alright, it’s okay. Take my heart and walk away, […] if I don’t look down could you get me higher ?” , c’est bien évidemment du vélo et de l’effort qu’il nous impose dont parle Croixx dans sa chanson; chanson qui se marie à la perfection avec la quatrième ascension de ce périple. 5,5 km de montée depuis le camp spot, avec un finish de 2 km de poussage pour une élévation de 300m.



If you enjoy technical descents as much as I do, you’ll surely love the singletrack from the Col des Ayes toward Arvieux. With technical sections, sharp switchbacks, and ultra-fast segments on narrow trails, it has everything you need to have fun and work up an appetite before lunch. However, please be aware that this is a path shared with many hikers; take the time to slow down, signal your presence (with a small bell attached to your handlebars, for example), and remember to greet them politely.
Si comme moi vous aimez les descentes techniques vous allez adorer les singles du col des Ayes vers Arvieux. Du franchissement, des épingles serrées, et des portions ultra rapides sur sentiers étroits, tout ce qu’il faut pour s’amuser et ouvrir l’appétit avant la pause de midi. Toutefois faites attention aux nombreux marcheurs avec qui vous partagez le chemin, prenez le temps de ralentir, de leur signaler votre présence (avec une petite cloche accrochée à votre guidon par exemple) et de les saluer poliment.


In Arvieux, a charming little village in the Queyras region, you can restock on water and food before tackling the second pass of the day. I highly recommend making a detour to the La Roche bakery to taste the traditional tourtons au bleu while sipping a refreshing syrup.
Arvieux, charmant petit village du Queyras vous permettra de refaire le plein en eau et en nourriture avant d’attaquer le deuxième col de la journée. Je vous conseille fortement de faire un petit détour par la boulangerie La Roche pour y goûter les traditionnels tourtons au bleu en sirotant un sirop bien frais.


The Col de Furfande, the fifth peak of the Maillon range, offers a rideable climb to the summit despite an average gradient of around 11%, providing a real morale boost. On the other side, a descent on breathtaking flow trails leads you to the Col Garnier, the last small climb of the day. You are then faced with two choices: sleep in a high-altitude meadow (km 108) with no access to water, or descend to Guillestre to spend the night at a campsite. If you decide to stay at altitude, you will need to buy food for dinner and breakfast at the Proxy supermarket in Arvieux, and possess enough mental clarity to tackle the black-marked mountain bike trail (n°168_5 Les crêtes de Catinat) early the next morning.
Due to safety concerns regarding stormy weather, we decided to take a break at the La Ribière campsite in Guillestre.
Le col de Furfande, cinquième pic du Maillon promet une montée roulante jusqu’au sommet, malgré une pente moyenne avoisinant les 11%, de quoi faire du bien au moral. De l’autre côté, une descente sur d’époustouflants flow trails vous guidera vers le col Garnier, dernière petite bosse de la journée. S’offrent alors à vous deux choix: dormir sur une prairie en altitude (km 108) sans point d’eau, ou descendre jusqu’à Guillestre pour y passer la nuit en camping. Si vous décidez de rester en altitude, il vous faudra acheter de quoi dîner et petit-déjeuner au Proxy d’Arvieux, et beaucoup de lucidité pour dévaler un sentier VTT balisé noir (n°168_5 Les crêtes de Catinat) de bon matin.
Pour des questions de sécurité face à une météo orageuse nous avons décidé de faire halte au camping La Ribière de Guillestre.
(Tip: We recommend checking the weather forecast when you stop in the valley, as you may not have phone reception in the mountains.)
(Tip: Prenez le temps de vérifier la météo lors de vos arrêts dans la vallée, vous n’aurez pas forcément de réseau en montagne)









At this stage of the trip, the body is completely exhausted, lactic acid has accumulated in the heavy legs, and semi-restorative sleep is not helping with recovery. Therefore, the climb to Embrun is a welcome relief. You can ride up to the heights of Risoul without pushing your bike, and then descend via forest paths. For those truly struggling, there is also the option of the bike park's chairlift (if you have the time, I recommend leaving your gear at the top of the lift and enjoying a downhill ride). Unfortunately, for me, this meant disaster. After descending a few kilometers, while pedaling uphill, I realized my pedal was nearly ripped off the crankset, and I had to find a replacement crank arm immediately. This was also my first flat tire, which, luckily, didn't last long thanks to the tubeless sealant I had just added to my worn-out rear tire.
Just before reaching Embrun, Rico will be fixing my bike at his new shop, Rico Mountain. He is a mountain bike expert who has ridden the Trans Verdon trails on his own Surly Krampus and will be a great help if any issues arise.
A ce stade du voyage, le corps est bien fatigué, l’acide lactique s’accumule dans les jambes qui sont lourdes, et le sommeil semi-réparateur n’aide pas à se rétablir correctement. La bosse qui vous sépare d’Embrun est alors la bienvenue: montée sur les hauteurs de Risoul sans poussage et descente sur des DFCI. Et pour ceux qui auraient vraiment du mal il y a toujours l’option remontée mécanique du bike park (si vous avez le temps je vous conseille de laisser vos affaires en haut des remontées et de profiter d’une descente sur piste). Pour moi c’est malheureusement synonyme de casse quand, en pédalant sur une relance après quelques kilomètres de descente je me rends compte que ma pédale est presque arrachée de mon pédalier, et qu’il va falloir trouver une manivelle de rechange rapidement ! C’est aussi l’heure de ma première crevaison qui, heureusement, ne durera pas grâce au liquide tubeless fraîchement installé dans mon pneu arrière en fin de vie.
C’est Rico qui prendra soin de mon bébé dans son nouveau magasin Rico Mountain juste avant d’atteindre Embrun. Expert en VTT, il a lui-même sillonné les sentiers de la Trans Verdon sur son Surly Krampus et vous sera d’une grande aide en cas de pépin.



If you want to take a day off like we did, Embrun, located on the shores of Lake Serre-Ponçon, is the perfect place. There are many campsites, and you can enjoy various water sports such as canoeing, hydrospeed, and rafting. The old town is also dotted with delicious restaurants.
If you are looking for an affordable campsite with basic facilities, I recommend the La Clapière municipal campsite.
Si comme nous vous voudriez faire un jour de pause, Embrun, accolé au lac de Serre-Ponçon s’y prête à merveille. Les campings y sont nombreux, tout comme les activités d’eau (canoë, hydrospeed, rafting, etc.) et les bons restaurants dispersés dans la vieille ville.
Si vous cherchez un camping abordable avec un minimum de confort, je vous conseille le camping municipal de La Clapière.


Before tackling the final pass, you’ll surely be able to get some rest. This pass is undoubtedly the most difficult challenge on the route. It is a 30-kilometer climb with 1,780 meters of elevation gain, involving sections where you’ll have to carry your bike right from the start. From the Vachères stream and its waterfalls, to the herds of cows near the Saint-Pierre chapel, and the ever-present marmots, the path soon transforms into a steep and slippery trail. Perched high at 2,573 meters, the Col des Orres waits patiently, watching over every step you take on the rugged, rocky terrain.
I only recommend crossing this pass if you have full control over your bike and its total weight, including luggage, is under 25 kilograms. A single misstep in the final 500 meters leading to the pass could be fatal, and the descent on the other side is just as precarious and dangerous. As an alternative, you can take the Col du Parpaillon, go through the Parpaillon Tunnel, and enjoy a leisurely descent toward the village of La Condamine-Châtelard. Honestly, crossing the Col des Orres with a fully loaded bike was the most physically demanding experience of my life.
Whichever route you choose, you will surely be satisfied by the breathtaking scenery.
Du repos vous en aurez bien pour gravir le dernier col, sûrement le plus dur de la trace. 30 kilomètres d’ascension pour 1780 mètres de dénivelé positif avec beaucoup de portage dès le départ. Du cours d’eau Les Vachères et ses cascades, aux troupeaux de vaches près de la chapelle Saint-Pierre en passant par les habituelles marmottes, le chemin se transforme volontiers en sentier pentu et glissant. Tout là haut perché à 2573 m, le col des Orres vous attend patiemment, observant attentivement chacun de vos pas sur le sol rocailleux éreintant.
Je ne conseille le franchissement de ce col que si vous maîtrisez parfaitement votre vélo et que celui-ci pèse moins de 25 kg chargé. Un faux pas sur les derniers 500 m menant au col peut être mortel, et la descente sur l’autre versant ne sera pas plus rassurante et toute aussi dangereuse. Comme alternative vous pouvez emprunter le col du Parpaillon et enchaîner avec le tunnel du Parpaillon pour sereinement descendre vers le village de La Condamine-Châtelard. Honnêtement je pense que le franchissement du col des Orres avec mon vélo chargé est la chose la plus dure physiquement que j’ai faite dans ma vie jusqu’à présent.
Qu’importe le chemin que vous choisirez vous ne serez pas déçus par les paysages magnifiques.







For the past five days, you’ve been hanging onto your handlebars, head in the clouds, hair messy, and clothes covered in mud. You’ve spent five days completely disconnected from the outside world. For some, the end of the trail brings a sense of liberation, while for others, it is a source of deep sadness. A few days from now, surely everyone will say it was an incredible week and celebrate the effort they’ve put in.
However, before that, you will need to descend into Barcelonnette, being extra cautious on the very steep paths that lead down from the Col des Orres. Personally, we chose to split the effort in two, spending our last night on the route at the 203-kilometer mark.
Voilà 5 jours que vous êtes suspendus à votre guidon, la tête dans les étoiles, les cheveux en pétard et les habits sales. Cinq jours de déconnexion totale. Pour certains la fin de la trace est une délivrance, pour d’autres une source de tristesse profonde. Dans quelques jours très certainement, chacun se dira qu’il a passé une semaine folle et se félicitera de l’effort qu’il aura fourni.
Avant cela il faudra toutefois descendre sur Barcelonnette et redoubler de vigilance sur les sentiers très pentus qui s’échappent du col des Orres. Personnellement nous avons préféré couper l’effort en deux, passant une dernière nuit sur la trace au kilomètre 203.

After six days of riding, pushing, and carrying our bikes through the Alps, we reached Barcelonnette, marking the end of our adventure. The mountains, which had been in front of us since the very beginning, eventually gave way to the town. With its colorful facades, distinctive roofs, and magnificent bourgeois mansions, Barcelonnette tells the history of the Ubaye Valley, especially the story of the "Mexicans of Barcelonnette"—those who left to seek their fortune and returned to build the villas that define the town's identity today. But the most beautiful story this town can tell is undoubtedly the one yet to be written by you, the reader, who may be inspired by my words to embark on the Maillon.
Après six jours à rouler, pousser et porter notre vélo à travers les Alpes, l’arrivée à Barcelonnette marque la fin d’une aventure. La montagne, omniprésente depuis le départ, laisse davantage de place à la ville. Avec ses façades colorées, ses toitures caractéristiques et ses grandes demeures bourgeoises, Barcelonnette raconte l’histoire de l’Ubaye, notamment celle des “Mexicains de Barcelonnette” , partis chercher fortune avant de revenir bâtir les villas qui font aujourd’hui l’identité de la ville. Mais la plus belle histoire que cette ville pourra conter est sans doute celle qui vous reste à écrire, vous qui lisez ces lignes et qui, peut-être motivés par mon écriture, prendrez le départ du Maillon.




P.S. To return to your car, you can take the ZOU! bus number 535 (free bicycle transport) to Gap, and from there, take a train to Chambéry.
PS: To get back to your car, you can take the ZOU! 535 bus (free bike transport) to Gap, and then catch the train to Chambéry.

For us, the adventure didn’t end in Barcelonnette, as we had intended to join the Trans Verdon trail, as mentioned at the beginning of this article. Although we didn't manage to finish it, I’d like to share some photos of the incredible landscapes we were so fortunate to discover.
Pour nous l’aventure ne s’arrête pas à Barcelonnette, puisque comme mentionné au début de cet article nous avions pour objectif de rejoindre la Trans Verdon. Bien que nous ne soyons pas arrivés au bout de celle-ci , je tiens à vous partager quelques images des paysages invraisemblables que nous avons eu l’immense chance de découvrir.












