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Glampacking to Lake Mikawa

"Pitter-patter..." the sound of rain falling on the tent roof. The squeaking of water-soaked shoes as you push your bike up a hill. These are the "sounds of adventure" that visit you when you decide not to care about the weather.

This is a record of a cycling trip in Japan, riding through the space between rain and sunshine.

“Plic ploc…” c’est le bruit de la pluie sur le toit de ma tente, celui de mes chaussures gorgées d’eau qui couinent quand je pousse mon vélo dans une monté; ce bruit c’est celui de l’aventure quand on décide que la météo n’a pas d’importance. 

Voici le récit d’une virée nippone à vélo, entre pluie et beau temps. 

For the past three weeks, I’ve been desperately trying to invite my friends along to share an unforgettable time riding our bikes together.
Everyone is eager to go, but there’s just one problem: the weather.
When my friends say, "It looks like rain..." their motivation fades away like snow under the sun.
Well, it’s true—who would want to be soaked to the bone, shivering on their bike, or have their fingers turn into frog-like prunes? When you think about it, it doesn’t sound very appealing.
But sometimes, beyond the fear, there lies a realm of happiness.

Voilà trois semaines que j’essaye de motiver mes amis à prendre la route avec moi pour partager des moments inoubliables au volant de nos biclous. Tout le monde est enthousiaste sauf la météo. “Il va pleuvoir…” qu’on me dit, et la motivation fond comme neige au soleil. C’est vrai en même temps, qui à envie d’être trempé mouillé, de grelotter sur son vélo à l’arrêt et de voir ses doigts se transformer en pattes de grenouilles ? Quand on y pense ça donne pas très envie, et pourtant au delà de la peur se trouve parfois le royaume du bonheur. 

Three people showed up on the day. Like the Three Musketeers, we wore rain jackets and carried smiles that could pierce through the clouds.

One was Baki, calm and humble like a sage, wearing BEDROCK SANDALS on his feet and riding a single-speed bike stamped with MASH.
The other was Haru, young and energetic with wild hair spilling out from under his helmet, riding a 90s GT Karakoram. The bike, a bright orange firecracker, had been modified until midnight the night before. This was his first bikepacking experience, and his excitement was palpable.

"The rain stopped! Quick, take a photo!"
The brief respite didn't last long, and soon we were back in the heavy rain, heading into the mountains.
If all goes well, we should reach Lake Mikawa before sunset.

Le jour J nous sommes trois, comme les mousquetaires, armés de nos vestes de pluie et d’un grand sourir perçant les nuages. D’un côté il y a Baki le sage, toujours plein d’humilité et de gentillesse, vêtu de “simples” sandales et dépourvu de vitesses sur son destrier de fer floqué Mash. De l’autre côté, le casque débordant d’une chevelure rebelle se trouve le jeune et dynamique Haru sur son GT Karakoram des années 90, une bombe orange remise au goût du jour la veille jusqu’à minuit. C’est sa première expérience en termes de bikepacking et son excitation est palpable. 
“La pluie s’est calmée ! Vite prends une photo !!”. Le répit n’est que de courte durée et c’est sous des trombes d’eau que nous prenons la route en direction des montagnes. Si tout se passe bien nous devrions arriver à Mikawako avant le coucher du soleil. 

The surrounding urban landscape only slows our already sluggish pace, filled as it is with flashy advertisements and traffic lights.
On the road, the city dust mixes with the rain, splashing up into my shoes every time my slick tires trace the wet asphalt. It feels like I'm floating in a Vans wetsuit.
My trusty old companion, a bike named "Hector," is loaded with far too much gear for its age; whenever I get out of the saddle to tackle a hellish incline, it twists and tips backward. Envying Baki’s fixie as he speeds past me to gain momentum, Hector struggles along with a certain persistence, followed closely by the overly stylish Haru and his GT.

Le décor urbain qui nous entoure est dense et bruyant, débordant d’affiches publicitaires criardes et de feux tricolores qui ralentissent notre avancée déjà peu rapide; la nature et le calme de la campagne se font attendre. Sur la route, la poussière de la ville et la pluie se mélangent pour finir projetés dans mes chaussures par mes pneus slicks qui lèchent le bitume. J’ai l’impression de flotter dans une combinaison néoprène signée Vans. 
Mon vélo lui, ce bon vieux Hector, bien trop chargé pour son âge, se tord et se cabre quand je sors de selle pour attaquer une montée infernale. Il envie le fixie endiablée de Baki qui me dépasse à toute allure pour prendre de l’élan, mais persévère à sa manière suivi de très près par le duo beaucoup trop “stylé” Haru/GT. 

As the high-rises disappear and the river begins to guide our path, the city’s steep slopes turn into serious countryside climbs, testing every muscle in our aching bodies. The cold rain soaks into the merino wool T-shirt protecting my skin, making me shiver. My stomach growls. "In bikepacking, it’s important to eat before you get hungry to avoid running out of energy!" I had said condescendingly, though I wasn't practicing it at all. "Easier said than done."
At 1:00 PM, in this region where shops are scarce due to urbanization, we stopped at one of the few places still open for a light meal. The interior decoration, inspired by Okinawa, a small island in southern Japan, contrasted vividly with the weather and warmed our hearts—as did the fried mushrooms and bean rice.
For those of us living simply by bicycle, a feast like this was a moment of pure bliss.

"All you need to be happy is a little bit—really, just a little bit. You have to be satisfied with what you have!"

  • Baloo, 'The Jungle Book'

This phrase, the soundtrack of my childhood, suddenly resonated deeply within me. I was struck by the truth of it, a truth that had been hiding in my blind spot all this time.

Alors que les grands immeubles se font plus rares et que la rivière guide notre chemin, les coups de cul de la ville font placent à de vraies montées dans la campagne sollicitant tous les muscles de nos corps endoloris. La pluie froide, elle, s’est frayé un chemin jusqu’au t-shirt en mérinos qui protège ma peau et me fait frissonner; mon ventre crie famine. Heureusement j’ai dit à mes compagnons de galère “En bikepacking c’est très important de manger avant d’avoir faim pour ne pas manquer d’énergie !”, faites ce que je dis, pas ce que je fais. Il est donc 13:00 quand nous décidons de nous arrêter pour une collation dans un des rares  établissements encore ouvert dans cette région victime de la métropolisation. Le décor inspiré d’Okinawa, petite île ensoleillée du sud du Japon contraste beaucoup avec la météo et réchauffe nos âmes; les champignons frits et le riz au fèves de soja aussi. Vivant dans la simplicité sur nos vélos, un tel festin nous apparaît comme une vraie bénédiction.  

“Il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux. Il faut se satisfaire du nécessaire !”

  • Baloo, le livre de la jungle 

Ce refrain qui à bercé mon enfance prend tout son sens et me percute de sa vérité si pure qui jusqu’à présent se cachait dans mon angle mort. 

With our stomachs full and wondering what to eat tonight, we went into the convenience store next door to buy ingredients without a second thought.
Bread, cheese, sausages, mushrooms. The perfect combination for a campfire meal. We bought some manju and yokan for the road, along with some warm drinks to heat our bodies up before facing the mountains of Aichi. Passersby stared at us in surprise. Probably because our faces were brimming with the joy of living. So we smiled back—hoping that their daily lives might brighten up just a little bit.

Le ventre plein on se demande déjà ce qu’on va manger ce soir, et sans trop réfléchir on s’engouffre dans la supérette adjacente pour y faire le plein de victuailles. Pain, fromage, saucisses, champignons, un bon combo pour un repas au coin du feu. On déniche encore quelques manjus et youkan pour la route avec une boisson chaude qui viendra préchauffer nos systèmes avant les montagnes d’Aichi. Les passants stupéfaits nous dévisagent, sûrement parce que nos faciès sont imprimés de joie de vivre, alors on leur sourit en retour dans l’espoir d’illuminer leur quotidien. 


The sky poured buckets of water on us, like a grumpy old man annoyed by young people noisily passing by his street at 11:00 PM. Perhaps it didn't like our joyful appearance, or maybe it reminded itself of living alone while watching anxious news on TV. (Take care of your elders!)

But even such rain was no match for our laughter. Our laughter acted like an umbrella, catching the falling rain, and we began to climb again happily.
Occasionally, a 15% slope made slippery by fallen leaves would appear, forcing us to balance like tightrope walkers as we pushed our bikes forward.

Eventually, the road grew quiet, and only our colorful procession moved forward. Small shops for daily necessities appeared here and there, and we gradually replenished our ingredients for the feast to come, wrapped in our own warm world.

Comme le ferait un retraité aigris quand des jeunes un peu trop bruyants passent dans sa rue à 23:00, le ciel nous jette un seaux d’eau de sa terrasse, trop jaloux et triste de nous voir  heureux, lui rappelant qu’il vit seul et reclus devant sa télé qui crache des informations alarmantes. (Prenez soin de vos anciens !) 
Nos rires nous servent de parapluie et notre ascension reprend son cours dans la joie et la bonne humeur. De temps à autre les pentes jonchées de feuilles glissantes, atteignant les 15%, nous forcent à pousser nos vélos à la manière de funambules sur leurs fils, jouant avec leur équilibre. Voilà que les routes se vident pour faire place à notre cortège coloré, bien au chaud dans sa bulle, passant entre les quelques magasins de première nécessité qui nous fournissent quelques victuailles pour le festin à venir. 

Soon, after crossing the peaks of the mountains, the sky could no longer be seen, replaced only by the grey concrete of a dam. We were almost there. The winding road passed through young, lush conifers. A sight comparable to the work of a great film director. It’s hard to believe all this beauty was the result of a chance encounter ten thousand years ago. I’m so happy we made it!
We high-fived and celebrated each other for the struggle to get here. The lake we faintly glimpsed was shrouded in a mystical fog, fueling our overflowing imaginations.
"Tomorrow is sure to be a wonderful day!" When you're dreaming, you tend to get buried in the clouds, but today, these very clouds brought me back to reality. I was soaked to the bone and getting colder. I’m sure Haru and Baki were in the same situation.

Bientôt, derrière le haut des cimes, ce n’est plus le ciel que l’on distingue mais le béton gris d’un barrage: nous voici presque arrivés. La route sinueuse nous guide entre les jeunes conifères verdoyants, spectacle digne des plus grands réalisateurs qui nous fait douter que toute cette beauté soit le fruit d’un hasard d’il y a 10 milles ans. Quelle joie d’être arrivés ! On se tape dans les mains en se félicitant mutuellement de l’effort qu’on a fourni pour arriver jusqu’ici. On distingue à peine le lac, caché par une brume mystique qui alimente notre imaginaire débordant “Demain ce sera magnifique !!”. Quand on rêve on a vite tendance à se perdre dans les nuages, mais aujourd’hui c’est ces mêmes nuages qui me ramènent sur terre. Je suis trempé jusqu’aux os et je commence vraiment à avoir froid. Je ne crois pas me tromper en disant que Haru et Baki sont dans la même situation. 

The campground manager welcomed us in his absence—he had gone to the hospital—but still told us, "You can choose any spot you like." Though, the crowded campground was... well, there wasn't a single person there. Of course, no one would come camping in this weather.

With so many choices, we decided to set up our tents in a spot protected by nature where the ground wasn't muddy. I thought the reason my nose wouldn't stop running was that the rain I’d taken in earlier was trying to escape from my body. While I struggled to set up the tent, Haru, as always, helped me with full energy. As for Baki, with the composure of a grown-up, he assembled his borrowed tent with surprising smoothness. Before we knew it, while we were struggling with our IKEA "two-person tent (Tvåpersonerstält)," he had even finished calling the manager.

A short distance away, hidden in the shade of a small shed, was a Japanese-style bath. Soon, 40°C water would gently wrap around us—but first, we had a major task to attend to.

Armed with confidence and groundless pride, I tried to start a campfire, but the result was miserable. I blew on the damp twigs with more force than a fan, but all that returned was throat-burning smoke and tears. Haru, holding a light, was illuminating the scene as if watching a famous clown show.

Just then, the manager finally appeared and generously treated us to cold beer and snacks. Thinking back on it, we must have looked like homeless people on LSD, but it’s a mystery why he didn't run away; instead, he even shared some dry firewood with us.

Thanks to that, the fire started safely, and a few minutes later, it was crackling with a cozy sound.

Le gérant du camping nous reçoit de sa non-présence (il est allé voir le médecin) et nous laisse choisir une place dans le camping bondé de…..absolument personne. Qui viendrait faire du camping par ce temps en même temps…Ayant l’embarras du choix, on décide de poser nos tentes sur l’emplacement le plus protégé par la nature avec le sol le moins boueux. J’ai le nez qui coule, certainement la pluie qui j’ai emmagasiné qui veut sortir, et je peine à monter ma tente mais je peux compter sur Haru qui, fidèle à lui-même, déborde d’énergie et d’enthousiasme !  Baki lui, en adulte majeur et vacciné, monte la tente qu’on lui a prêté d’une aisance remarquable. Il a même le temps de téléphoner au gérant du camping avant que nous n’ayons terminé d’assembler notre set Ikea “Tvåpersonerstält” (tente deux places). A quelques pas de notre emplacement, au détour d’un cabanon, se trouve un bain à la japonaise qui bientôt nous cajolera de son eau à 40°C, mais avant ça je m’acquitte d’une tâche de la plus haute importance. Armé de ma confiance et de mon arrogance je tente de lancer le feu sans grand succès. Je souffle plus fort qu’un ventilateur sur les brindilles humides mais tout ce qui en résulte c’est de la fumée qui me brûle la gorge et fait pleurer mes yeux. Haru, lampe à la main, éclaire mon spectacle digne des plus grands clowns.
Le gérant du camping fait enfin son apparition et nous offre gracieusement des bières fraîches et quelques snacks qui viendront nous remplir le ventre plus tard dans la soirée. Encore à ce jour c’est un mystère pour moi que le gentil monsieur ne soit pas partit en courant en nous voyant, tellement nous avions l’air de sans-abris sous LSD. Heureusement il ne s’est pas fié aux apparences et nous a même fourni du bois sec pour démarrer notre feu qui commence à crépiter quelques minutes plus tard.  

Do you know that blissful moment of sitting around a campfire with friends, talking about life late into the night? That moment when you get to know each other deeply and watch the stars melt into your companions' eyes? The smell of smoke clinging to your hair and drying out your mouth. Don’t you have such moments? I urge you to experience this wonderful time. In the meantime, try to imagine the night that was waiting for us. Wrapped in laughter and songs, we closed our eyes inside the plastic greenhouse, our hearts at peace.

Est-ce que vous connaissez cette sensation satisfaisante d’être assis autour du feu avec vos amis et de discuter de la vie jusqu’à tard dans la nuit ? Ces moments où vous apprenez vraiment à vous connaître en observant les étoiles se perdre dans les yeux de vos compagnons ? L’odeur de la fumée qui imprègne vos cheveux et assèche votre bouche ? Non ? Alors je vous invite de tout cœur à vivre cette expérience incroyable. En attendant je vous laisse imaginer la soirée qui s’offrait à nous. Entre rires et chansons, c’est l’âme en paix que nous fermions les yeux dans nos maisons de plastique.

The night was short and the sleep restless. Haru, barely wrapped in bivi gear, lay on the bare ground and was fast asleep next to me when the 7:30 AM alarm went off. Baki hadn't slept much because of the cold, doing squats every two hours inside his small tent. We were a truly clumsy bunch.
At 8:00 AM, I poked my head out of the tent. Miraculously, the rain had stopped! The view opened up, and though my eyes were still bleary, I could see the lake through the trees. What a majestic sight!
After everyone woke up, we rekindled the campfire, toasted bread, and boiled water for instant coffee. Being hidden in the forest, breathing in fresh air without a care in the world, was incredibly comfortable. I even had the wild idea of swimming in the cold lake water. Swimming always leaves me feeling incredibly satisfied. Three minutes of tingling feet, then full of energy for the rest of the day. What a good deal.

La nuit est courte et le sommeil peu réparateur. Haru, qui s’est couché à même le sol, à peine emmitouflé dans un bivi, dort à poings fermés à côté de moi quand le réveil sonne à 7h30 du matin. Baki lui n’a pas vraiment dormi, il avait tellement froid qu’il se levait toutes les deux heures pour faire des squats à l’étroit dans sa tente. Nous étions une belle bande de bras cassés. Il est 8h et je pointe le bout de mon nez en dehors de la tente: miracle, il ne pleut plus ! La  vue est dégagée, et les yeux encore brumeux je distingue le lac entre les arbres. Quel magnifique spectacle.
Une fois tout le monde réveillé, on rallume le feu de camp, on y fait griller du pain et on fait chauffer un peu d’eau pour le café soluble. Il fait bon vivre ici, perdu dans la forêt à respirer l’air frais sans se soucier de rien. J’ai même la folle idée d’aller me baigner dans l’eau froide du lac, une expérience toujours aussi satisfaisante après-cout. Trois minutes de fourmis dans les pieds pour une journée en pleine forme; voilà ce que j’appelle un bon deal. 

Fortunately, all good things must come to an end. So, after taking some time to fold up the wet tents from the previous day, we set off on our journey again, slowly. Leaving behind a corner of our little paradise (without a single piece of trash—because we always carry our trash out). With our heads already full of memories, we dashed through the mountain roads, rediscovering yesterday's scenery in a new light. It was scenery I hardly recognized.

(Mal)heureusement toutes les bonnes choses ont une fin, alors on s’attarde à replier les tentes encore mouillées de la veille et on reprend tout doucement la route en laissant derrière nous un petit coin de paradis (sans déchets, parce qu’on oublie jamais de les emporter avec soi). La tête déjà débordante de souvenirs, on dévale les routes montagneuses à toute vitesse pour redécouvrir sous un nouveau jour les décors de la veille qu’on peine à reconnaître. 

“No man ever steps in the same river twice, for it’s not the same river and he’s not the same man”

  • Heraclitus

There’s no need for a rain jacket today. A simple T-shirt is enough to soak up the sun’s rays and warm both body and soul. The Garmin meter racks up distance in a flash, our legs feel light, and laughter fills the air. All that’s missing is a delicious meal to satisfy our growing appetite! On the corner of a quiet street, a cafe with a 70s American vibe and flashy colors caught our eye. As if stepping through a time warp, we popped inside with wide eyes, marveling at every detail of this improbable pit stop. Behind the counter, a woman in her 50s with hair teased up from the lake greeted us, looking just as surprised to see us as we were to be there. “If you squint a little, you might just see Elvis Presley...!!”

Aujourd’hui pas besoin de veste de pluie, un simple t-shirt suffit pour apprécier les rayons du soleil qui réchauffent nos âmes. Sur mon Garmin les kilomètres défilent comme un rien, les jambes sont légères et la rigolade au rendez-vous, il manque plus qu’un bon repas pour satisfaire notre appétit grandissant ! Au coin d’une petite rue déserte un café nous interpelle avec son look américain années 70 et ses couleurs flashy, on s’y engouffre comme dans un vortex temporel, les yeux grand ouverts, émerveillés par chaque détail de ce pit stop improbable. Derrière le comptoir, c’est une cinquantenaire aux cheveux gonflés par la lac qui nous accueille, visiblement autant surprise que nous de nous voir débarquer dans son établissement. “Si on louche un peu on dirait Elvis Presley….!!”

As always, after hours in the saddle, the food tasted incredible, and the hearty portion of rice was exactly what we needed. Sitting in that cowboy-themed diner, I felt fortunate to be supporting a place like this rather than lining the pockets of fast-food chains that only think about poisoning us. It was also a stroke of luck to be able to chat at length with the staff, share stories of our journey, and listen to theirs. We often forget that the people behind the counter are just as human as we are. As we left, the two owners gave us a warm send-off with wide smiles for several minutes until we rounded the corner and disappeared from view.

Comme toujours après quelques heures en selle, le repas nous semble fabuleux, et la grosse portion de riz n’est pas de trop. Assis dans ce décor de cowboy, je me dis que j’ai de la chance de pouvoir faire vivre un établissement comme celui-ci, plutôt que d’enrichir des chaînes de fast-food qui ne pensent qu’à nous empoisonner. Quelle chance aussi de pouvoir prendre le temps d’échanger avec le personnel, de leur conter notre périple et d’écouter leur histoire. Bien trop souvent on oublie que les gens derrière le comptoir sont tout aussi humains que nous.
En sortant du restaurant les deux gérants nous saluent chaudement pendant de longues minutes, le sourire aux lèvres, jusqu’à ce que nous prenions un virage qui nous mette hors de vue.

The final 20 kilometers of the trip flew by, filled with laughter and all sorts of conversation. The city grew denser, the traffic noise increased, and the traffic lights became more frequent. Slowly but surely, we returned to our daily lives, our usual routines, and our families, changed forever by this experience.

If there is one thing I rediscovered this weekend, it is that love knows no borders or language, and that love will always be necessary for this world to function. While soaking in the bath, I’m already dreaming of new adventures.

Les 20 derniers kilomètres de notre excursion défilent à tout vitesse, accompagnés de fous rires et de discussions en tout genre. La ville se fait plus dense, le trafic plus bruyant et les feux rouges plus fréquents. Doucement mais sûrement on retourne à nos petites vies quotidiennes, à nos habitudes et à nos familles, changés à tout jamais par notre expérience.

Si il y a une chose que j’ai redécouverte ce weekend, c’est que l’amour n’a pas de frontières, ni de langage et qu’il en faudra toujours pour faire fonctionner notre monde.
Bien au chaud dans mon bain je rêve déjà de nouvelles aventures.